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mercredi 22 juillet 2009

Les finalistes 2009

Bulletin du slammestre
André Marceau


Les présentations sont maintenant faites. Du moins, sur ce blogue vous trouverez la liste des huit slameurs qui se sont qualifiés pour briguer au titre du meilleur slameur de l’année dans la capitale, lors de la finale, le 17 août. De plus, si vous désirez en connaître davantage sur eux, vous avez accès à des textes de présentation écrits par les intéressés eux-mêmes.


Les slameurs qui se sont qualifiés
pour participer à la finale de la Capitale :

Mathieu-Guillaume Asselin [Texte de présentation]
Nouvelle recrue, c’est sa première année de slam.

Émie Bernier-Hudon [Texte de présentation]
Nouvelle recrue, c’est sa première année de slam.

Frédérick Carrier [Texte de présentation]
Vétéran, il a slamé dès la première année aux Slams de la Capitale. Il fut le grand champion pour la région de Québec en 2007.

Régis Labonté [Texte de présentation]
Nouvelle recrue, c’est sa première année de slam.

Marc Lebel [Texte de présentation]
C’est sa deuxième année de participation aux Slams de poésie. C’est la première année qu’il participe à la finale.

Roger Mariage [Texte de présentation]
C’est sa deuxième année de participation aux Slams de poésie. C’est la première année qu’il participe à la finale.

Renaud Pilote [Texte de présentation]
Vétéran, il a slamé dès la première année aux Slams de la Capitale, où il avait également participé à la finale de la Capitale. Il s’y était qualifié pour le Grand Slam (finale provinciale) où il a obtenu une excellente troisième position, ex aequo avec Mathieu Arsenault.

Véronica Rioux [Texte de présentation]
C’est sa deuxième année de participation aux Slams de poésie. C’est la première année qu’elle participe à la finale.


La Finale de la Capitale en Slam de poésie nous attend le lundi 17 août… Cet intervalle après les demi-finales servira sans doute à remonter le ressort du suspens à fond chez les partisans du Slam à Québec. Il donnera également aux slameurs finalistes le temps de se refaire des couleurs et de nous revenir plus bronzés et énergiques que jamais.

Par ailleurs, cela nous permet de vous présenter, un à une, ceux et celles qui se sont qualifiés pour la finale, les huit élus par les juges-spectateurs lors des demi-finales (en mai et juin).

Pour ce faire, nous leur avons demandé de nous écrire un texte de présentation, en leur suggérant un petit questionnaire auquel ils étaient libres de répondre ou non, mais pouvant leur servir de guide pour leur texte. Certains ont pris le questionnaire au pied de la lettre, d’autres s’en sont totalement détachés. Laissant, en tout cas, pleinement la place à l’humour et parfois même au délire.

Et nous les publions intégralement. Sans retouche ni même correction, tels que pondus, avec leur esprit personnel et leurs coquilles. Ils devraient nous faire découvrir quelques facettes ignorées à leur propos.

Puisque nous devons choisir un ordre pour les présentations, allons-y de façon alphabétique…
[L’ensemble des textes de présentation]

Vous pouvez également accéder à la présentation de chacun, individuellement, en cliquant sur « Texte de présentation » qui suit leur nom respectif (voir la liste plus haut).

lundi 20 juillet 2009

Les finalistes 2009


Mathieu-Guillaume Asselin



Il s’est classé bon troisième au Slam de poésie du mois d’avril 2009, tandis qu’une quatrième position à la demi-finale du 18 mai lui a valu d’être qualifié pour participer à la finale.


Voici ce qu’il nous a écrit…

Le petit prince aux cheveux hirsutes, est seul sur sa planète.
Y’a pas de mouton, pas de rose non plus.. reste juste des pissenlits fanés..
L’espace est restreint, le monde est au-loin,
y fume des Rothmans et empile les corps vides de boissons alcoolisées.
De temps en temps, il écrit, depuis longtemps déjà..
L’essait de lâcher prise,
de faire en sorte que l’écriture soit libre d’aller, ou elle veut bien aller.
Rarement il se demande à l’avance, ce qu’il pourrait bien raconter devant son clavier.
Se laisse inspiré par le moment,
geste dicté par le ciel étoilé, qu’il s’amuse à regarder quotidiennement.
Avec les années, les écrits se sont accumulés,
Les pages se sont empilées dans un petit coin de sa planète,
z’ont résistées à la pluie et aux autres intempéries.
En observant les humains au télescope sur la planète terre,
s’est dit que d’où il était,
bien des choses ne tournaient pas rond.
Alors s’est imaginé qu’à défaut de tout changer,
pourrait peut-être écrire pour essayer de changer les mentalités.
-C’est en changeant l’esprit qu’on peut espérer changer la vie.
Mais toutes ces pages ne servaient en rien,
si elles restaient là, à ramasser poussières et résidus de volcans,
Alors l’a pris son courage à deux mains et est parti en voyage.
S’est ramassé au Tam-Tam café, ou il a commencé à lire ses trucs.
L’a bien aimé l’expérience, alors l’a récidivé, et puis s’est ramassé ensuite à l’Agitéé,
où il a rencontré des personnes bien sympathiques,
qui comme lui, ont la fougue de l’écriture.
Il a commencé à slammer, il s’est bien amusé,
s’est rendu en demie-finale et là il apprend qu’il sera de la finale,
l’est bien content.
L’aime faire des Slams engagés, son sujet de prédilection; la dissection de l’humanité,
la guerre, l’insensibilité humaine et la bêtise.
Aime bien se poser des questions, parle aussi de deuil, de perte,
dénonce avec une légère touche d’humour les bassesses d’une société,
et fait aussi parfois des slams plus personnels, sur le vécu ou sur ce qu’il à observé..
Lui il écrit, se met pas de barrières, tant mieux si les gens aiment,
tant mieux si il arrive à toucher une personne, ce sera au moins ça de fait.
S’est longtemps amusé à dire qu’il faisait de la Poésie morte,
petit clin d’oeil rebelle à la fameuse poésie vivante.
L’aime bien la désinvolture et le petit côté baveux.
Il tâchera de faire de son mieux à la Finale de la Capitale,
après retournera-t-il peut-être su sa planète. .
-Alors toi aussi, tu viens du ciel ! De quelle planète es-tu ?
Pseudonyme : Mateüs
Nom: Mathieu Guillaume Asselin

[Afin d'avoir accès à l'ensemble des textes de présentation des slameurs, cliquez.]

vendredi 17 juillet 2009

Les finalistes 2009


Émie Bernier-Hudon

Elle a obtenu une troisième position au Slam de poésie du mois de février 2009, alors qu’elle a remporté la 1ère position lors de la demi-finale du 1er juin, se qualifiant ainsi avec honneur pour participer à la finale.

Voici ce qu’elle nous a écrit…





















Tiens, bafouillons sur nous à la troisième personne du singulier : c’est toujours moins personnel, ça rajoute un soupçon d’importance quand elle ne veut pas poindre. Elle se nomme Émie Bernier-Hudon, juste Émie, enfin appelez-la comme vous voudrez, car elle viendra d’elle-même. Elle n’aime pas les âges qu’on se donne; toutes ces années qui s’excusent ou qui cherchent à se justifier, on a l’âge de nos sourires (disons, qu’elle n’a pas touché son « hier encore », les demains sont en expédition ailleurs et fermons la parenthèse).

Elle en a marre que la lune soit colocataire de ses yeux, parce que la lune est pesante et ne paît jamais son loyer. Elle veut chasser les illusions chroniques tout en persistant à croire aux vrais rêves, ceux qu’on borde avec le coeur.
Elle voudrait pas crever avant d’avoir bien ri devant un concert de fausses notes. « Impôts » « divorce à l’amiable », « revenus brut », « droits du consommateur », « salaire », « fond de pension » : y’a combien de mouvements dans cette symphonie qui coûte trop chère, elle préfère la musique lointaine des gitans ou la complainte en mi bémol d’une toute petite ballerine à manivelle.

Elle est atteinte d’un syndrome avancé de maladresse et d’absurdité. Elle est souvent « en retard, en retard », mais ne veut pas que les lapins soient posés. Elle est peut-être naïve, parfois des loups la gobent, mais elle ne cherche pas de chaperons. Elle écrit comme ça, pas trop souvent, quand ça lui vient, sans trop vouloir raturer. Elle écrit pour moins crier, pour donner une tribune à sa folie, à sa lucidité. Elle essaie de lire dans le regard des autres, mais il lui arrive de cacher le sien. Pour elle, une scène muette et un micro qui se tait en l’attendant, c’est un vertige comme un autre; des caravanes de fourmis dans son ventre, le cafard qui fond dans le désert de sa tête, des geysers de monarques qui sortent par ses yeux…

[Afin d'avoir accès à l'ensemble des textes de présentation des slameurs, cliquez.]

lundi 13 juillet 2009

Les finalistes 2009


Frédérick Carrier


Il a remporté la première position au Slam de poésie du mois de mars 2009, pour se qualifier aux finales par une bonne 4ème position obtenue lors de la demi-finale du 1er juin.


























Frédérick Carrier a 37 ans, est né à Lévis et habite le quartier St-Sauveur. Il a fait ses études en Anthropologie, ce qui, en plus d’une certaine culture générale se glissant bien dans une conversation, lui ouvrit toutes grandes les portes d’une suite de jobbines n’ayant rien à voir avec les sciences sociales. Il écrit des chansons néo-authentico-acoustiques, joue de la guitare avec les doigts, du banjo avec un pic et du concertina avec beaucoup de bonne volonté. Après avoir fait partie du duo les Inquiets, précurseurs de la chanson dégagée, il est maintenant la sixième roue du carrosse de Zéphyr Artillerie, le groupe québécois le plus populaire à Yellowknife pendant la deuxième semaine du mois de juillet il y a deux ans.


Incapable de se fermer la gueule, il parle la plupart du temps à des gens qui n’écoutent pas ou pensent à d’autres choses. Mais pendant les trois minutes que dure un slam, il a l’impression d’être écouté et ça lui procure une certaine gratification. L’ambiance qui règne aux soirées de slam lui rappelle certains shows rock du temps où il était «jeune et large d’épaules». Il ne se réclame pas de Frêle Corps Hypocondriaque mais plutôt des vieux râleux du fond de la campagne qui exaspèrent leur entourage. Incapable de parler avec un accent parisien ou marseillais, il est condamné à s’exprimer avec l’accent de son pays natal, au grand détriment de sa carrière internationale. Quand il sera grand, il rêve de devenir un croisement entre Madame Bolduc et les Sex Pistols.

Il aime également le jambon, la saucisse, les vues de police et l’accordéon à pitons.

samedi 11 juillet 2009

Les finalistes 2009


Régis Labonté


On m'a appelé Régis Labonté et je trouve que c'est un choix qui s'applique grandement à se que je suis, St-Bénite. Héhé!!!
Je suis rendu à un gros ou petit 28 ans.




Dans la vie, j'accompagne à l'occasion des gens ayant une déficience physique dans des activités quotidiennes, comme aller à l'école ou aller voir un spectacle quelconque. J'ai travailler 6 années (4 comme animateur et 2 à l'entretien) au camp adapté Grand-Village Rotary à St-Nicolas et c'est par cette expérience que j'en suis arrivé à adorer se travail.

Outre l'accompagnement, j'écris des chansons, des poèmes, des scénarios de films, je suis aller en 2008, 2 mois ½ au Sénégal et j'y ai réalisé un vidéo clip pour Metzo Djatah, J'arrive de Bordeaux, où j'ai participé à 2 festivals, (Festival Chahut (Art de la scène) et Quesries fait son circle (Cirque)), en tant que slameur. Et J'ai fais pleins d'autres choses mais bon héhé !! Life it's life!!

J'en suis arrivé à faire du slam après avoir suivi une formation en gestion de carrière artistique à Québec. J'ai pris conscience, en suivant cette formation, que la plupart de mes textes prenaient de la force à être récités au lieu d'être chantés.

Bref, le slam m'a permis d'ouvrir des portes que je n'avais jamais oser regarder avant et maintenant c'est un immense plaisir et même un privilège de rencontrer des êtres réceptifs à se style de communication.

C'est la force de réciter un poème qui amène à devenir amoureux de cette forme d'art car la lecture d'un poème est amputé de l'impact émotionnel du poète.

Avis : nous publions intégralement les textes de présentation des slameurs. Sans retouche ni même correction, tels que pondus, avec l'esprit personnel et les coquilles propres à chacun d'eux.

jeudi 9 juillet 2009

Les finalistes 2009


Marc Lebel

Il a obtenu une seconde position lors du Slam de poésie du mois d’avril 2009. Du coup, il s’est qualifié pour participer aux éliminatoires. Il s’est classé 3ème slameur lors de la demi-finale du 18 mai.

Voici ce qu’il nous a écrit…


À propos de moi

Il manquait deux ans à ce siècle
Pour fêter son cinquantenaire
À l'ombre d'une bibliothèque
Près du rayon des dictionnaires
Dans un coin de l'arrière pays
Dans la chaleur de la mi-août
C'est là qu'un jour naquit
Un enfant sage aux yeux si doux
C'était moi.

Âge : mûr, tout comme l’esprit.

Parcours de vie : naissance, enfance, adolescence, études, chanson, travail, poésie, travail, Westfalia, travail, nouvelles, travail, maladie, haïkus, maladie, rémission, blogue, retraite, slam, résurrection.

Je me suis toujours laisser porter par l’écriture « comme la plume au vent » sous ses diverses formes. Or voici le Slam et je découvre que, tel que pratiqué par SLAM cap, le Slam s’ouvre à bien des genres d’expression orale. Il est beaucoup plus que de RAP sans musique ! Je m’y lance donc pour le certain plaisir de retrouver la scène.



À propos du Slam



Avec le Slam, j’expérimente et j’aime surprendre. En fait, je pratique le style surprenant : tantôt poétique, tantôt politique ou encore carrément cabotin. D’un slam de poésie à l’autre, on ne sait pas où m’attendre car je tente de ne présenter que du matériel neuf.

Et il y a aussi les autres, slameurs, slameuses, slammestre, tout ce beau monde au contact facile dans une ambiance bon enfant où on peut entendre voler une mouche quand la parole est au micro.

samedi 4 juillet 2009

Les finalistes 2009


Roger Mariage

Il a obtenu une 2ème position au Slam de poésie du mois de février 2009, alors qu’il a remporté la 1ère position lors de la demi-finale du 18 mai.


Voici ce qu’il nous a écrit.

Je m'appelle Roger Mariage (célibataire pour celles qui s'intéressent à ce genre de détail), j'ai déjà publié deux livres de pensées disons humoristiques, Subtilités et Le prêt-à-rire quotidien.



Actuellement, je prépare un spectacle intitulé Voir la réalité en pleine farce, où je me présente comme un drôle de philosophe qui surprend par un humour que l'on dit empreint d'originalité et d'intelligence ;


Un « maître à pensées » qui manipule les subtilités de la langue française afin de vous faire voir la réalité en pleine farce à travers des observations qui font réfléchir autant que sourire ;




Et un jongleur de perles qui chatouille sans cesse votre matière grise pour la griser davantage.


Le slam me permet justement de peaufiner des numéros du spectacle et m'apprend à établir rapidement le contact avec le public. Mon idole et modèle est l'humoriste Raymond Devos.

lundi 29 juin 2009

Les finalistes 2009


Renaud Pilote


Gagnant du Slam de poésie du mois de novembre 2008 (en début de saison 09), il s’est classé 2ème lors de la demi-finale du 1er juin.


Pour rédiger son texte de présentation, il a décidé de prendre le questionnaire au pied de la lettre, avec l’esprit (entièrement soumis aux contraintes) qu’on lui connaît bien aux Slams de la Capitale. Voici ce qu’il nous a écrit.
(Nos questions sont en bleus, ses réponses en noir)


1- Votre (âge si vous préférez, vous pouvez rester vague ou encore en profiter pour faire une blague)
25 ans.

2 – Votre parcours de vie. Ou ce que vous faites dans la vie. Ou encore qu’aimez-vous faire dans la vie ou qu’aimeriez-vous faire dans la vie.
J’ai grandi dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, j’y vis toujours et compte y rester pour au moins un an encore.

3- Ce qui vous a amené à faire du Slam.
Je ne sais pas. Probablement quelque manquement existentiel, à moins que ce ne soit le désir refoulé d’avoir un jour ma photo dans le dictionnaire : j’étais si naïf, à l’époque !

4- Ce que vous cherchez à faire dans vos slams ; ou ceux qui vous inspirent dans vos slams (vos modèles) ; ou bien les sujets qui vous intéressent le plus à écrire.
J’essaie toujours de trouver une nouvelle manière de rendre orale, intelligible et/ou amusante mon amour pour les jeux de langage (ça part souvent d’une idée, d’un concept). Je suis un peu tanné de l’alexandrin et des différentes techniques de débit rapide, ce qui fait que dès que ça sonne « déjà entendu », je pense à d’autre chose. Il faut faire confiance à son oreille, je crois. C’est
en cherchant le sommeil que ça se passe, bien que je ne sois pas insomniaque.

5- Ce que vous aimez le plus dans le Slam ; ou ce que vous a appris le Slam.
L’idée d’être sur une scène ne me gène pas mais au contraire me stimule. J’aime flirter avec les limites permises par les « règlements officiels du Slam », quitte à les dépasser si elles compromettent l’idée de base, entravent sa complétion. J’aime aussi l’idée d’une compétition basée sur le bla-bla puisque, contrairement aux sports physiques, elle permet de ne pas trop se prendre au sérieux.

6 - Facultatif : vous pouvez ajouter une précision pour conclure en quelques mots l’ensemble de votre présentation.
Rien à rajouter votre honneur.

mercredi 24 juin 2009

Les finalistes 2009


Véronica Rioux


Gagnante du Slam de poésie du mois de février 2009, elle s’est classée 2ème lors de la demi-finale du 18 mai.


Voici ce qu’elle nous a écrit.



La poésie et moi, on se croise depuis plus de 15 ans (ça vous donne un indice que je ne suis plus aussi jeune que j'en ai l'air...): sans toujours marcher ensemble, voilà 2 ans que je la retrouve plus assidûment en tant que slameuse. J'ai ainsi été demi-finaliste de SLAM cap en 2008 et publiée dans l'anthologie Slam ma muse. De jour, je joue les entremetteuses à L'Accorderie, organisme oeuvrant dans mon champ de prédilection, la consommation alternative et solidaire: ici ce sont des services que les AccordeurEs s'échangent entre eux contre des heures, jamais contre de l'argent... pour que la vraie richesse, humaine celle-là, soit mieux développée et partagée!

Malgré diverses incursions dans le milieu des poètes (à la direction du Cercle d'écriture de l'université Laval, dans ou derrière divers spectacles et séminaires de récitation poétique), je me tenais à une distance juste respectueuse de la poésie, pas sûre de faire partie de la famille. Je suis de celles qui l'ont peu étudiée, qui n'en écrivent pas assez - mais qui adorent la scène! Or, je trouvais que le moment, pourtant crucial, de la rencontre entre le public et le poète qui récite ses vers est en partie gaspillé par notre manque d'audace, de convivialité, de conviction... On s'enferme trop souvent dans le moule de la déclamation, sur un ton trop égal, artificiel... à la limite du supportable!
Vous pouvez alors imaginer la bouffée d'air frais en assistant à ma première soirée slam, en 2007. Enfin, c'était au poète de faire l'effort, celui d'atteindre l'auditoire par sa poésie, et pas l'inverse... J'ai compris que j'appartenais davantage à cette classe, celle de la poésie dite vivante, dite tout court (3 minutes, c'est en masse!), de laquelle l'émotion peut émerger en toute authenticité car on se préoccupe enfin de la façon de rendre les mots, le sens.


Ce qui en a pour moi? Mon verbe tendre, je le rumine et en exprime le fiel dénonciateur qui me ronge la fibre humaniste, ou encore le projette sur des écrins plus personnels (mes contradictions sont une source inépuisable d'inspiration), voire intimistes - injustices et sensualité ne peuvent-ils se côtoyer dans une même performance? Calembourgeonnant, j'espère toucher le public par une interprétation bien sentie, tout autant qu'en touchant à du vrai, le temps d'un chant doux, d'où jaillira l'étincelle créatrice. Voilà ce qui me passionne: la rencontre des paroles et des êtres, juste là où ton juste, vérité des textes et délire performatif se conjuguent librement et forment de précieux instants...