samedi 17 octobre 2009

Le Slam en questions


Chronique d’un slammestre
André Marceau

Accessoires, les spectateurs ?

On a beau rédiger le plus clairement possible un règlement, lorsqu’on doit l’appliquer au cours d’un slam de poésie, il peut survenir des situations limites, qui découlent des stratégies particulières qu’appliquent les slameurs. Et, au cœur de l’action, il revient au slammestre de savoir les dépister instantanément et porter un jugement à la fois rapide et pertinent.

Prenons en exemple un des règlements du slam…

Extrait du règlement no 5 adressé aux slameurs (tel que rédigé par SLAM cap) :

« Vous n’avez droit à rien d’autre pendant votre prestation que votre voix. En effet, AUCUN ACCESSOIRE N’EST AUTORISÉ, autre que les feuilles, ça va de soi. Pas de musique, ni pieds rythmant la mesure, ni mains tapant les poches ou ailleurs pour la remplacer. […] »
« L’utilisation d’accessoire disqualifie automatiquement le slameur. Avec votre voix, toutefois, vous pouvez faire à peu près n’importe quoi : beat box, chant, cris, murmures, psalmodies, berceuses, onomatopées, cris d’animaux, sifflements, etc. À RETENIR : qu’il soit lu, interprété (dramatisé ou chanté) ou encore performé, le texte, la bouche et la voix sont les vedettes du show ».
Pour accéder à la liste complète des règlements, cliquez.

Ce règlement, clairement formulé, devrait permettre de bien distinguer ce que l’on peut permettre de ce que l’on doit proscrire. Mais tout n’est pas dit (et ce serait utopique de vouloir tout dire)… En effet, qu’arrive-t-il dans le cas où un slameur requiert la participation sonore (ou vocale) des spectateurs présents ?

Soyons concrets :


Exemple 1 : le slameur X, propose un slam à répondre, c’est-à-dire, qu’il demande aux gens de répéter certaines phrases de son texte, préalablement identifiées.
Exemple 2 : le slameur Y demande aux spectateurs de tenir le rythme en claquant dans les mains.

Rien, dans le règlement reproduit plus haut (ni dans aucun autre), n’évoque la possibilité ou l’interdiction de recourir à la participation du public par la voix ou en rythmant la mesure avec les mains.
Cependant, on comprend aisément que, dans l’esprit du slam de poésie, la prestation ne doit reposer que sur le texte et la voix du slameur. En conséquence, la participation du public demeure un élément extérieur aux ressources créatives et physiques du slameur et on doit la considérer comme un accessoire.

Deux objections envisageables


1- Aux slams de poésie la participation des spectateurs n’est-elle pas souhaitée ?

Oui, d’accord, mais les spectateurs ne doivent pas être accessoirisés, c’est-à-dire être utilisés par les slameurs afin de les seconder dans l’accomplissement de leurs prestations.
Par ailleurs si les gens dans la salle, de façon spontanée (et sans que le slameur ne l’ait suggéré), décident d’intervenir en répétant une phrase ou en tenant le mesure, on ne doit pas pénaliser le slameur. Le spectateur n’est alors pas un accessoire, mais bien un individu qui décide d’intervenir en toute autonomie.

2- N’y a-t-il pas possibilité d’exécuter un slam en duo (ou en groupe), alors pourquoi interdire la contribution des spectateurs ?
Les slams en duo ou en groupe sont très encadrés et exigent une contribution égale à la création de la part de tous les slameurs impliqués dans le duo (ou le groupe) et ils doivent être inscrits officiellement dans la compétition.

Voilà donc, en gros, la ligne de conduite développée par SLAM cap depuis ses débuts au sujet de ce type de cas limites.

De toute évidence, celle-ci correspond aux visées de l’ensemble des équipes de la Ligue québécoise de slam (LiQS), puisque les slammestres avaient senti le besoin de prendre une décision en ce sens lors de la réunion préparatoire pour le Grand Slam de septembre dernier.

Prochain slam de poésie à Québec :
Ce lundi 19 octobre
Café-bar l’Agitée,
251, rue Dorchester
Ouverture des portes : 20h00
Entrée : 5 $
Pour plus d’infos.

Vous pouvez réagir ou commenter cette chronique, en cliquant sur
« commentaires », juste en bas... Vous êtes dans un blogue, sans blague.

Aucun commentaire: